Le serpent fait partie de ces animaux qui ne laissent pas indifférents. Ils ont un symbolisme fort et contrasté dans la plupart des cultures. Parfois lunaire, parfois solaire, parfois masculin (de par sa forme phallique), parfois féminin (lorsqu’il est représenté lové sur lui-même en boule), parfois «rusé» (Genèse, 3.1) parfois «prudent» (Matthieu, 10.16), il évoque la mort de par son venin et son étreinte mortel, mais aussi l’immortalité et le renouveau grâce à sa capacité de muer.
La mue et sa symbolique
Plusieurs fois par ans lorsqu’il est juvénile, une fois par an, en moyenne lorsqu’il atteint l’âge adulte, le serpent fait partie de ses animaux qui ont la capacité de régénérer cette peau
qui leur est devenue trop étroite ou trop abîmer. Cette mue est représentative de la renaissance, c’est en quelque sorte un passage, la marque cyclique de la vie. Pour les anciens, cette mue
représentait le principe de l’éternelle retour, le passage permanent de la vie à la mort mais aussi le passage cyclique des saisons, le coucher et le lever du soleil, le retour régulier de la
pleine lune, la perpétuelle rénovation de la nature. La mue dont le serpent ressort neuf, peut être assimilé à une pratique d’auto régénération et donc à la double aptitude à générer la vie et à
échapper à la mort. Cette image de capacité de renaissance du serpent est représentée par l’ouroboros, le serpent qui se mord la queue.
Dans le premier livre des hiéroglyphes d’Horapollon , il est écrit : « quand les égyptiens veulent représenter le monde, ils peignent un serpent qui se mort la queue. Chaque année cet
animal se dépouille et perd sa vieillesse ; de même, dans le monde, chaque période annuelle rajeunit en opérant un changement ».
On peut encore lire dans un texte égyptien traduit par G. Maspéro : «le dieu Râ avec sa barque passe à travers le corps et les entrailles de ce serpent…. Le serpent qui fait peau neuve, chaque
année, et semble ainsi renaître de lui-même, est indiqué pour jouer le rôle d’entrepôt de la vie divine ».
Mais on retrouve se symbole de renaissance dans d’autres croyances. Ainsi chez les Bantus du Gabon, le serpent est le symbole de l’éternité, de l’infini, du contenant et du contenu.
Chez les Chaldéens, on utilise le même mot pour désigner la vie et le serpent. En arabe, la vie se dit «el-hayat» et le serpent «el-hayya », El-Hay étant l’un des principaux noms divins.
Enfin, des momies de serpents ont été trouvées dans les nécropoles thébaines ; il s’agit de serpents divinisés nommés Pa-neb-ânkh qui signifie « les maîtres de la vie ».
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